Prothèse totale et prothèse unicompartimentale

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GONARTHROSE

Près de 70 000 prothèses totales de genou sont implantées chaque année en France. Dans la grande majorité des cas, cette intervention est rendue nécessaire par l'usure mécanique du genou (gonarthrose) sinon par des atteintes inflammatoires (arthrites) ou nécrotiques.

La gonarthrose touche environ 30% des personnes âgées de 60 à 70 ans et près de la moitié des personnes de plus de 80 ans. Elle entraine des douleurs articulaires, des gonflements et un enraidissement progressif.

Elle est favorisée par les déformations des membres inférieurs (genou tourné en dedans ou en dehors = genu valgum ou genu varum) mais également par la surcharge pondérale ou des traumatismes anciens tels que des fractures ou des entorses graves.

Au début le traitement est médical : antalgiques, anti-inflammatoires, infiltrations, viscosupplémentations (injections d'acide hyaluronique intra-articulaires) et kinésithérapie.

Lorsque le patient n'est plus soulagé et que le retentissement sur la vie quotidienne est important, la mise en place d'une prothèse est alors envisagée.

QU'EST-CE QU'UNE PROTHESE DE GENOU ?

Elle remplace les surfaces articulaires de l'extrémité inférieure et de l'extrémité supérieure du tibia en frottement par des éléments prothétiques. La prothèse peut être totale lorsqu'elle remplace l'intégralité des surfaces articulaires ; elle est unicompartimentale ou partielle lorsque seule la moitié du genou est opérée.

PRINCIPES OPERATOIRES DE LA PTG

Le plus souvent, la partie fémorale est métallique (chrome-cobalt ou titane) et la partie tibiale est constituée d'un support métallique (titane) sur lequel est fixé un plateau de plastique de synthèse (polyéthylène) qui permet le glissement des nouvelles surfaces articulaires. La musculature de la cuisse et de la jambe permet le fonctionnement de la prothèse.

Le plus souvent, les ligaments croisés intra-articulaires dégradés par la gonarthrose sont réséqués et le dessin des implants permet d'assurer la stabilité du genou. Les ligaments périphériques, l'appareil extenseur (tendon quadricipital, rotule et tendon rotulien) sont conservés.

Il s'agit dans ce cas d'une prothèse à glissement, modèle le plus fréquemment utilisé ; lorsque la dégradation articulaire est très importante, des prothèses à « charnière » (axe reliant les parties fémorale et tibiale) sont utilisées.

Pour redresser la jambe déformée par l'arthrose les instruments utilisés pendant l'intervention (ancillaire) permettent d'adapter les coupes osseuses au calcul géométrique préalable parfois aidé par l'informatique (chirurgie assistée par ordinateur, fantômes de coupe préopératoires ou smartphone dédié).

SUITES OPERATOIRES APRES PTG

Le traitement antalgique habituel (anti-inflammatoires, antalgiques) est complété par une analgésie locale de la cuisse (cathéter). Le drainage articulaire est enlevé entre le 2ème et le 4ème jour. La rééducation est débutée le jour même de l'intervention, sinon le lendemain par un premier lever et la mobilisation douce et progressive de l'articulation. La marche se fait avec un déambulateur puis des cannes canadiennes et très rapidement, l'apprentissage de la montée et descente des escaliers est effectué. Dès que le patient a retrouvé une autonomie suffisante, il peut retourner à son domicile ou éventuellement partir en centre de rééducation.

La poursuite de la kinésithérapie est en règle générale de deux à trois mois ; un traitement anti-coagulant préventif est nécessaire pendant quelques semaines, associé au port de bas de contention.

Principes du roulement-glissement d'une prothèse totale de genou

COMPLICATIONS POSSIBLES DE LA PTG

Comme toute intervention, la prothèse totale de genou peut entrainer des complications osseuses, vasculaires, thrombo-emboliques, infectieuses ou neurologiques ; à long terme, une prothèse de genou peut s'user et se desceller nécessitant son changement. L'information préopératoire remise par le chirurgien et l'anesthésiste détaille plus largement ces éventuels complications. La durée de vie moyenne de genou est comme pour la prothèse de hanche d'environ 15 ans avec une importante variation selon l'activité ou les facteurs anatomiques.

PTG ET VIE QUOTIDIENNE

La conduite automobile n'est pas autorisée en règle générale avant un à deux mois ; il est nécessaire que le patient puisse marcher seulement avec une canne pour cela.

La reprise du travail est envisagée à partir du 45ème jour mais dépend de la profession exercée.

La reprise des activités de loisir, voire sportive, est possible à la fin du 3ème mois en particulier le vélo, la natation et la marche. D'autres activités telles que le ski sont également envisageables mais dépendent en grande partie de l'expérience antérieure des patients et de leur état général.

EN CONCLUSION

La prothèse totale de genou est devenue une intervention autant standardisée que la prothèse totale de hanche et permet de soulager les patients souffrant de gonarthrose. Ses résultats sur la qualité de vie sont avérés mais nécessitent d'être parfaitement expliqués et compris avant l'intervention pour être acceptée en fonction de sa balance bénéfices-risques. Enfin un suivi annuel ou bisannuel est nécessaire afin de suivre l'évolution de la prothèse.

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contenu modifié le 31/03/2017