Prothèse de hanche : navigation

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1 - Principes

Suite aux titres de noblesse pris par la chirurgie assistée par ordinateur dans les prothèses totales du Genou, la Navigation dans la chirurgie de la hanche s’est développée. Les enjeux sont les mêmes que pour la chirurgie du genou : augmenter la précision de la pose des implants et assurer une reproductibilité parfaite du geste chirurgical.
Le bénéfice attendu est encore plus remarquable : on peut reproduire la longueur exacte du membre inférieur opéré et positionner les 2 implants (tige fémorale et cotyle) de façon à réduire au maximum les risques de luxation.
La station de navigation (Schéma 1) est composée d’un écran et d’une caméra infrarouge reliés à un ordinateur (elle permet aussi de réaliser des prothèses du genou, suivant le programme choisi…).

> schéma 1 

Des capteurs (schéma 2) sont fixés sur le Bassin, le fémur et les instruments : ils sont repérés par la caméra infrarouge qui transmet leur position dans l’espace à l’ordinateur.

> Schéma 2

 

2- Déroulement d’une intervention

Une fois la voie d’abord réalisée (incision habituelle, mini abord facilité) et les capteurs installés, le chirurgien acquiert avec un palpeur (muni de capteurs et reconnu par la caméra, schéma 3) certains points anatomiques remarquables nécessaires à la réalisation de la prothèse (centre de la tête fémorale, du genou et de la cheville, position du bassin...). L’acquisition de tous ces points se fait en 5 minutes environ et est transmise en temps réel à l’ordinateur qui va représenter en 3 dimensions la hanche du patient opéré.

> Schéma 3 

Le chirurgien prépare le fémur pour positionner l’implant fémoral avec ses instruments habituels (râpe). Il contrôle très précisément l’enfoncement et l’orientation de cet implant pour restituer le centre de la tête fémorale au mm et au degré près (c’est à dire l’orientation du membre inférieur et sa longueur) (schéma 4).

> shéma 4

Le chirurgien prépare ensuite le bassin (cotyle) pour positionner l’implant cotyloïdien avec ses instruments habituels (fraise). Il contrôle très précisément l’orientation et l’enfoncement de cet implant en privilégiant 3 éléments : orientation par rapport à l’implant fémoral (éviter les luxations), ancrage dans l’os du bassin et optimisation de la longueur du membre inférieur (schéma 5).

> Schéma 5

Le fonctionnement virtuel de la nouvelle hanche est alors simulé par l’ordinateur (schéma 6).
Avant la fermeture et la radiographie de contrôle le chirurgien connaît le résultat (longueur du membre inférieur, mobilité de la hanche, absence de conflit entre les 2 pièces prothétiques, zones à risque de luxation…).

> Schéma 6 
 

3 - Quelle pratique dans la clinique au quotidien ?

Le développement de cette technologie nécessite l’association de chirurgiens, d’ingénieurs et d’informaticiens. Plusieurs chirurgiens sont impliqués dans différents projets de développement. Ainsi la clinique bénéficie de plusieurs systèmes issus de la collaboration avec plusieurs firmes. 2 salles d’opération sont équipées en permanence de systèmes (sachant que les stations de navigation sont mobiles et peuvent se déplacer d’uns salle à l’autre)
Plusieurs chirurgiens naviguent de façon régulière tout ou partie de leurs prothèses de Hanche.
 

4 - Résultat

Le temps opératoire (qui au début de l’apprentissage est allongé) est actuellement le même que pour une intervention classique à savoir environ 1 heure. 2 mini cicatrices sont nécessaires pour installer les capteurs du bassin (crête iliaque) et du fémur (près du genou).
La précision apportée permet d’assurer la restitution de la longueur du membre inférieur et d’optimiser l ’orientation des 2 pièces prothétiques. Il n’y a pas de modification des suites opératoires immédiates.

 

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contenu modifié le 31/03/2017