Maladie de Dupuytren : diagnostic

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Qu’est-ce que la maladie de Dupuytren ?

Cette maladie touche essentiellement une certaine catégorie de tissu appelé aponévrose. Ce tissu assure la cohésion entre les différents tissus de l’organisme.
Au niveau de la peau, il forme par exemple un réseau, régulièrement répartit, siégeant dans la partie profonde de la peau la séparant des autres tissus (figure 1)
Dans la maladie de Dupuytren, l’aponévrose devient progressivement épaisse, se rétracte et entraîne donc avec elle petit à petit les autres tissus comme peut le faire la peau pour une cicatrice particulièrement épaisse. L’origine exacte de cette transformation de l’aponévrose est encore inconnue.

Dans paume de la main, cela forme d’abord des structures arrondies, dures, parfois douloureuses appelées « nodules » qui s’organisent progressivement en créant les « brides », sortes de cordes qui pourraient en imposer pour des tendons (dans la réalité, les tendons sont situés plus en profondeur sous la peau). Ces brides siègent sur la main et sur les doigts. La rétraction finie par empêcher le jeu naturel de la peau et donc l’extension complète du doigt, entraînant au maximum une fermeture permanente du poing.

 

 

Une forme nodulaire Une forme avec bride digito-palmaire

 

Existe –t-il un terrain propice à la maladie de Dupuytren ?

Les hommes sont plus souvent touchés que les femmes. Il existe des formes familiales. L’annulaire et l’auriculaire sont les plus souvent touchés. Plus la maladie apparaît tôt dans la vie et plus elle est sévère (elle apparaît habituellement vers la cinquantaine chez l’homme). On retrouve parfois certaines maladies associées à la maladie de Dupuytren : l’épilepsie (le rôle de certains traitements anti-épileptiques a été discuté), le diabète (mais dans ce cas la maladie est en principe moins sévère), le tabagisme et l’éthylisme ont été évoqués par certaines études. Il existe certaines formes sévères où l’aponévrose de la plante du pied est aussi touchée (maladie de Ledderhose) voire le sexe des hommes (maladie de Lapeyronie). Il n’existe aucun rapport entre le travail manuel et la maladie de Dupuytren, mais certains accidents survenus sur les mains peuvent entraîner des brides de Dupuytren.
 

Quand doit-on envisager de traiter cette maladie ?

Il n’existe à ce jour aucun médicament efficace sur la rétraction des brides. La seule façon d’améliorer la main est donc la section ou l’ablation des brides. Comme on ne traite pas la cause de la maladie, elle peut s’étendre sur d’autres doigts voire récidiver sur un doigt déjà opéré. on est ainsi parfois amené à opérer à plusieurs reprises un même doigt. Les interventions répétées sont de plus en plus difficiles et donc risquées pour le doigt. Par contre si la rétraction est trop importante ou ancienne, il est parfois impossible de redonner toute la mobilité au doigt. Il convient donc de choisir le bon moment. On conseille habituellement une intervention lorsque l’on ne parvient plus à mettre la main à plat sur la table en l’appuyant avec l’autre main.

 

Quels sont les moyens thérapeutiques ?

Il existe deux grandes techniques chirurgicales :
 

1° Le traitement percutané de la maladie de Dupuytren :

Correspond à la section simple des brides avec le tranchant d’une aiguille ou d’un bistouri (c’était une technique proposée par Dupuytren lui-même). Cette intervention est conduite habituellement sous une simple anesthésie locale et peut-être réalisée au cabinet du praticien. Elle n’est pas possible pour tous les cas de maladie de Dupuytren. Comme la bride n’est pas enlevée, mais simplement sectionnée, elle expose à plus de risque de récidive que l’autre technique.

 

2° La chirurgie « à ciel ouvert » de la maladie de Dupuytren :

Correspond à l’ablation des brides au cours d’une intervention chirurgicale qui se déroule au bloc opératoire sous une anesthésie habituellement loco-régionale. La technique est plus lourde, mais le risque de récidive est moins élevé. L’intervention nécessite parfois d’enlever une partie de la peau atteinte par la maladie (ce qui va limiter les risques de récidive). La plaie peut être laissée ouverte (sous couvert de pansement réguliers) en laissant la cicatrisation se faire toute seule. On peut également réaliser une greffe de peau qui accélère la cicatrisation mais laisse une rançon cicatricielle plus importante.

 

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contenu modifié le 31/03/2017