La rupture du ligament triangulaire

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DEFINITION ET EXAMEN CLINIQUE

Le ligament triangulaire est un ligament tendu entre la pointe du cubitus et le radius. Il est divisé en trois parties : les 2 branches antérieure, postérieure et la partie centrale.

Le traumatisme en rotation contre résistance ou forcée du poignet (« retour de perceuse ») provoque volontiers des atteintes du ligament triangulaire, mais souvent le mécanisme initial est une simple chute sur le poignet en hyperextension, voire méconnu.

 

La rupture se manifeste par des douleurs mal définies du poignet, parfois sur son bord interne, au dessus de l’axe de l’auriculaire, qui ne passent pas et pour lesquelles les radiographies initiales, souvent, ne montraient pas de fracture. Elles sont accentuées par les mouvements du poignet, surtout en inclinaison du poignet du côté de l’auriculaire. Parfois le patient ressent un claquement. Le serrage et le port de charge est souvent difficile voire impossible, surtout poignet en inclinaison (porter une casserole d’eau).

 

LES EXAMENS COMPLEMENTAIRES

Les radiographies du poignet de face et de profil sont nécessaires pour éliminer une fracture, d’autres atteintes ligamentaires. Elles sont le plus souvent normales.

            L’arthroscanner est l’examen qui permet de faire la preuve de la rupture ligamentaire et de rechercher une atteinte des autres ligaments « internes » du poignet. Il permet également de situer le siège précis de la rupture, ce qui conditionne le traitement.

 

LE TRAITEMENT

Il est toujours chirurgical. L’intervention est faite sous anesthésie loco-régionale (du bras), en chirurgie ambulatoire.

Elle se fait sous arthroscopie du poignet : par 2 à 3 incisions de moins de 5 millimètres et à l’aide d’une caméra de 2,3 mm de diamètre, elle se déroule en 2 temps :

  • L’exploration permet de visualiser la rupture, de nettoyer l’articulation (sang, débris, …) et de rechercher d’éventuelles autres lésions (ligaments, cartilage, …).
  • Selon l’endroit où se situe la rupture, elle peut être « débridée » (nettoyée) ou suturée.

 

APRES L’INTERVENTION

            En cas de réparation, une immobilisation par orthèse est nécessaire pour une durée de 6 semaines, délai auquel la rééducation fonctionnelle débutée. La réparation est solide après 3 à 4 mois. Jusqu’à ce délai des douleurs modérées sont le plus souvent normales.

            En cas de débridement, aucune immobilisation n’est mise en place.

            Une rééducation régulière (2 à 4 séances / semaine) est toujours nécessaire.

            La récupération du poignet n’est complète qu’au bout de plusieurs mois. Des douleurs résiduelles prolongées sont possibles.

 

            Les complications sont toujours possibles :

  • Une main gonflée, douloureuse, avec transpiration puis raideur est préoccupante (algodystrophie). Elle est rare mais imprévisible. L’évolution est traînante, sur plusieurs mois ou années. Des séquelles sont possibles (douleurs résiduelles, une certaine raideur des doigts et/ou du poignet, parfois même de l’épaule).
  • L’infection locale : douleurs anormales, pulsatiles, gonflement et rougeur importante La prise d’antibiotiques est parfois utile pour l’éviter. Dans les deux cas, une nouvelle intervention peut être nécessaire.
  • Les complications à long terme sont rares, fonction de l’accident initiale : l’arthrose reste le risque majeur.

 



 

 

Votre chirurgien est le mieux placé pour répondre à toutes les questions que vous vous poseriez avant et après votre intervention. N’hésitez pas à lui en reparler avant de prendre votre décision.

 

Dr Rizzo

Chirurgie de la main, Clinique du Parc Lyon

11/10/2014

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contenu modifié le 31/03/2017