Kyste pilonidal : retard de cicatrisation après intervention chirurgicale

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Ce sujet concerne les patients dont l’exérèse chirurgicale est complète et qui présentent malgré tout une difficulté à cicatriser. Nous excluons de ce cadre, les retards de cicatrisation en rapport avec une récidive de kyste infecté.

 

Le kyste pilonidal ou sinus pilonidal touche plus fréquemment l’adulte jeune, le plus souvent de sexe masculin. La pilosité plus abondante expliquerait l’incidence masculine et la prédominance chez les sujets caucasiens. Cette pathologie survient plus fréquemment chez le sujet avec occupation sédentaire en position assise. l’obésité, une irritation locale ou un traumatisme dans la région sacro-coccygienne constituent des facteurs déclenchants.

Des facteurs de risque ont également été identifiés comme :

  • la production importante de sueur par les glandes pilosébacées (décroit après la quarantaine),
  • la pointe de poils, les poils incarnés, des débris pénétrant dans le derme
  • la pression et la friction répétée dans la région saccro-coccygienne et/ou le frottement d’une fesse contre l’autre.

Le traitement est chirurgical en aigu comme en chronique ou en cas de récidive. Trois types d’interventions peuvent être proposées avec des taux de récidive variables (*) :

  • Incision, drainage et curetage du sinus (40 à 60% de récidive)
  • Excision et fermeture primaire de la plaie (suture) (37% de récidive)
  • Excision large et fermeture par deuxième intention de la plaie( pansements) (8 à 43% de récidive)

Retard de cicatrisation

Nous traiterons les retards de cicatrisation après excision large et fermeture par deuxième intention de la plaie (intervention la plus souvent pratiquée).

Il peut s’agir :

  • d’une colonisation excessive de la plaie ou d’une infection étant donné la proximité de l’anus, la présence de poils, la transpiration ou une hygiène déficiente.
  • d’une cause mécanique : pression excessive, friction, cisaillement,
  • d’un pansement inadapté
  • d’une obésité
  • L’usage intempestif d’antiseptiques

Il est donc important de procéder à une réfection régulière : en général tous les jours.
La plaie doit être nettoyée au savon doux et rinçée abondamment au SERUM PHYSIOLOGIQUE.
Le pansement doit être suffisamment absorbant afin d’éviter toute macération et doit être suffisamment souple afin d’éviter toute friction. Des pansements antibactériens peuvent être proposés en cas decolonisation critique.
La thérapie par pression négative peut être utilisée dans certains cas, de même que lemiel ou la laser-thérapie en traitement complémentaire.
L’épilation sur une zone de 5 cm autour de la plaie est indispensable (au moins une fois par semaine). Une épilation définitive doit être envisagée à la cicatrisation complète.
Il est possible de désinfecter la peau périphérique épilée en prenant soin qu’il n’y ait pas de contact avec la plaie.


Pendant la phase de reprise de la cicatrisation

la marche et l’assise prolongée sont déconseillées
Un coussin de décharge type anti-escarre est recommandée.
Nuit à plat ventre ou en décubitus latéral
Le sport doit être interrompu.


Après la cicatrisation complète

Les tissus cicatriciels restent très fragiles. Il faut donc continuer à limiter la pression, le cisaillement et tout traumatisme pendant plusieurs semaines après la cicatrisation.
L’épilation définitive doit être pratiquée.
La zone cicatrisée doit constamment être sèche et non souillée en particulier de matières fécales ( douches quotidiennes puis séchage par tamponnement de la zone cicatrisée)


Conclusion

le sinus pilonidal est une pathologie fréquente avec des enjeux économiques importants (convalescence pouvant être longue, mobilisation du corps de santé).
Bien protocoliser la prise en charge de ce type de plaies permet d’améliorer la cicatrisation et de limiter les récidives


(*) Harris, C.L. et S. Holloway, « Development of an evidence-based protocol for care of pilonidal sinus wounds healing by secondary intent using a modified reactive Delphi procedure. Part one: the literature review », International Wound Journal, vol.9, n°2, avril 2012a

Praticiens: 

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contenu modifié le 31/03/2017