Doigt à ressaut : diagnostic

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Introduction

Le doigt à ressaut est une pathologie assez fréquente. Dans sa forme classique, il s’agit de la conséquence de l’inflammation des tendons fléchisseurs des doigts dans leur gaine au niveau d’un tunnel (poulie). L’appellation médicale du doigt à ressaut est « ténosynovite chronique sténosante ». Le tendon fléchisseur (cordon, qui attache le muscle fléchisseur à l’os et permet de le plier) présente un renflement qui bloque son passage à travers la poulie (tunnel guidant et plaquant le tendon contre les phalanges), gênant ou empêchant le mouvement du doigt.


 

Causes

L’âge, les mouvements répétitifs, intensifs, peuvent irriter et enflammer les tendons dans leurs gaine et poulies. Ces circonstances définissent le ressaut dit primaire.
Des causes particulières tel que infection, ou plaie de tendon, voire inflammation de tendon rentrant dans le cadre de maladie rhumatismales plus générales, représentent des causes de ressaut dits secondaires. Enfin le diabète favorise l’apparition du doigt à ressaut.

Il existe également le doigt à ressaut congénital. Cette anomalie concerne essentiellement le pouce. Les enfants sont présentés par leurs parents à la consultation avec le pouce bloqué en flexion, le plus souvent sans douleur (sauf dans les phases de déblocage), depuis un temps souvent inconnu. En réalité, le blocage en flexion est rarement présent à la naissance, il apparaît secondairement et le plus souvent sans phase de blocage. Cette situation n’est généralement pas régressive, elle doit être opérée le plus souvent sous anesthésie générale quand l’enfant est petit, mais peut l’être sous anesthésie locale dès que l’enfant est susceptible de comprendre les principes de cette anesthésie.
 

Symptômes

Le premier signe du doigt à ressaut est souvent la douleur à la base du doigt coté paume (face palmaire). On peut parfois noter certain gonflement. Les symptômes peuvent spontanément disparaître au début de l’évolution.
Avec l’accentuation de l’inflammation du tendon et de la gaine tendineuse, le tendon commence à « accrocher » dans la poulie de la base du doigt.


 

Ce conflit se manifeste soit par un retard à l’extension du doigt, soit par blocage du doigt en flexion, obligeant parfois à s’aider de l’autre main pour le redresser avec un phénomène de ressaut (le doigt à ressaut a été aussi appelé le doigt à « ressort »). Il apparaît progressivement une raideur d’origine articulaire qui peut ne pas disparaître spontanément après le traitement du ressaut. Au pire on ne peut plus redresser ou plier le doigt.

Le diagnostic est purement clinique, le médecin en vous écoutant et vous examinant peut faire le diagnostic et n’a pas besoin d’examen complémentaires, ni même de radiographies dans les formes classiques.
 

Traitement non chirurgical

Si vos symptômes sont modérés et surtout si les douleurs voire le ressaut est apparu après un effort inhabituel prolongé, le médecin peut prescrire une attelle de repos pour le doigt lésé, avec une médication antalgique et anti-inflammatoire.

En cas d’inefficacité de ces mesures ou dans les formes installées depuis plusieurs semaines nous proposons une infiltration de corticoïdes dans la gaine tendineuse enflammée. Cette procédure se pratique en salle de soins sans hospitalisation. Elle se fait avec ou sans anesthésie locale. C’est une procédure très courte (3-5 minutes) et assez efficace. Immédiatement après l’infiltration on vous demande de plier et redresser votre doigt plusieurs fois pendant 1 ou 2 minutes (pour la diffusion du produit) et on couvre le point d’injection avec un pansement adhésif léger. Le produit doit être infiltré directement dans la gaine tendineuse, autour du tendon, en évitant l’infiltration directe dans la peau (risque d’une dystrophie cutanée) ou le tendon (lésion tendineuse). Il n’ya a aucune contre-indication à l’infiltration sauf l’allergie connue, soit aux corticoïdes injectables soit aux anesthésiques locaux.
Le pansement peut être enlevé après quelques heures et vous êtes engagé à utiliser votre main aussi normalement que possible. Les travailleurs manuels peuvent avoir un arrêt de travail de 24 h. Une petite douleur au point d’injection doit exister le premier jour. Le phénomène de ressaut peut être augmenté le premier jour (effet volume de l’injection). Si l’infiltration est efficace, le ressaut, bien que persistant n’est plus douloureux puis disparaît au bout de 3-4 semaines. En cas d’échec, on peut vous proposer soit une nouvelle infiltration soit la chirurgie (laquelle peut être percutanée ou par chirurgie à ciel ouvert, dite « traditionnelle »).

 

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contenu modifié le 31/03/2017