Canal carpien : diagnostic

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Définition :

Il s’agit en fait de la « compression du nerf médian au canal carpien ».

Le canal carpien est une structure anatomique située à la base de la main. Elle est composée en profondeur de la capsule antérieure de l’articulation du poignet (en forme de canal) et d’un épais ligament superficiel, tendu en travers de ce canal : le retinaculum des fléchisseurs (ou ligament annulaire). Dans ce canal cheminent les 9 tendons fléchisseurs des doigts et le nerf médian (Cf fig 1)

Si les tendons peuvent être considérés comme des cordes, alors le nerf serait plutôt un fil électrique. Le nerf médian transmet des informations du cerveau vers les muscles (en particulier l’opposant du pouce) et de la peau vers le cerveau (la transmission de l’information du toucher du pouce, de l’index et du majeur vers le cerveau est sous la dépendance du nerf médian). (Cf fig 2)

 

Signes cliniques :

Lorsque le nerf est comprimé, la transmission des informations est perturbée. D’abord sur le plan sensitif, avec la perception de fourmillements ou d’engourdissements, surtout la nuit et le matin au réveil, dans les premiers doigts. Petit à petit si la compression s’installe, le toucher devient moins précis avec une anesthésie partielle de la pulpe des trois premiers doigts. La transmission de l’influx nerveux au muscle peut être perturbée, et le muscle peut s’atrophier.

Il peut également exister des douleurs plus ou moins sourdes qui remontent parfois le long de l’avant-bras.

 

Examens complémentaires :

Lorsque ces signes cliniques sont retrouvés, on demande habituellement de faire réaliser un électromyogramme (EMG) qui a pour but d’analyser la conduction du nerf médian. Ce sont les résultats de cet examen, confrontés aux données de l’examen clinique qui vont orienter le choix du traitement.

Principes du traitement :

En fonction de l’importance de l’atteinte (liée à la gêne et aux données de l’EMG), on aura le choix entre différents traitements :

La mise au repos, en particulier la nuit par une attelle adaptée, et l’utilisation d’anti-inflammatoires non-stéroïdiens est parfois utile dans les formes débutantes.

L’infiltration de corticoïdes dans le canal est efficace pour les compressions modérées, mais son efficacité est habituellement limitée dans le temps. On autorise habituellement jusqu’à trois infiltrations au même endroit. Elles peuvent cependant amener plusieurs années de tranquillité.

La chirurgie : est utile lorsque la compression est sévère, ou qu’elle a résisté aux autres traitements. Elle peut se faire à ciel ouvert (en particulier lorsqu’il y a des compressions du nerf sur un versant moteur prédominant) ou par voie endoscopique. L’endoscopie peut se faire avec une ou deux petites incisions.

 

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contenu modifié le 31/03/2017