Arthroscopie du genou : chirurgien du genou Lyon

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I - POURQUOI DECIDE-T-ON DE PRATIQUER UNE ARTHROSCOPIE ?

Vous êtes venu (e) en consultation à Lyon en raison d'une gêne fonctionnelle ressentie au niveau du genou. 
Le plus souvent, elle est due à une lésion méniscale (déchirure et/ou fragment en partie détaché gênant le fonctionnement normal de l'articulation). Elle peut intéresser le ménisque interne ou le ménisque externe, voire les deux et être à l'origine de douleurs, de gonflements articulaires ou de limitation de la mobilité. Le ménisque étant un élément non-vascularisé, il ne peut spontanément cicatriser et l'évolution habituelle est une augmentation des signes ressentis, voire un blocage aigu du genou pouvant nécessiter une intervention en urgence et une opération du ménisque.

Cette lésion méniscale est diagnostiquée par l'examen clinique et éventuellement confirmée par des examens radiologiques spécialisés (arthrographie, IRM, arthroscanner). Le traitement médical (antalgiques ou anti-inflammatoires) peut permettre d'atténuer les signes ressentis mais ne guérit pas ces lésions.

La gêne fonctionnelle peut également être occasionnée par d'autres causes : présence d'un corps étranger cartilagineux ou osseux, en général détaché du fémur ou du tibia, plica synoviale (repli anormal de la capsule articulaire gênant en particulier le fonctionnement normal de la rotule), lésion du cartilage articulaire ou phénomènes inflammatoires de la membrane synoviale qui entoure le genou et pouvant nécessiter une biopsie.

L'arthroscopie du genou permet alors de régulariser ou de suturer la (les) lésion(s) méniscale(s), d'enlever soit le corps étranger, soit le repli synovial ou de pratiquer une biopsie de la membrane synoviale. Enfin, il peut également se produire des gonflements inflammatoires du genou ou des épanchements sanguins nécessitant d'explorer l'articulation à visée diagnostique.

Dans tous les cas, c'est la gêne fonctionnelle qui conduit à proposer l'intervention et l'opération du menisque.

II - QU'EST CE QUE L'ARTHROSCOPIE ?

L'arthroscopie est une technique opératoire utilisée en pratique courante depuis la fin des années 80 et qui permet grâce à un matériel spécifique et à deux petites incisions de part et d'autre du tendon rotulien :

  • d'explorer totalement l'intérieur de la cavité articulaire, siège de la pathologie douloureuse ou mécanique,
  • de traiter les lésions rencontrées qui sont accessibles à cette technique : ménisques, cartilage, replis synoviaux, corps étrangers.
  • d'assurer le contrôle direct des interventions intra-articulaires plus complexes : ligamentoplastie du genou ou réparation de fracture du plateau tibial par exemple.

LES BENEFICES DE L'ARTHROSCOPIE

Ils sont multiples et expliquent le succès de cette technique :

  • cicatrices minimes, pratiquement invisibles à distance de l'intervention, très peu douloureuses, assurant une récupération fonctionnelle très rapide dans la mesure où elle a permis de traiter des lésions simples et seules responsables de la pathologie qui vous gênait auparavant.
  • après une convalescence très courte, reprise rapide d'une vie sociale, familiale, sportive et professionnelle normale.

III - COMMENT EST ELLE REALISEE ?

L'arthroscope est un tube métallique rempli de fibres optiques, éclairé par une lumière froide, relié à une caméra miniaturisée et à un écran de télévision; il est introduit par l'une des deux incisions à l'intérieur de l'articulation. Les instruments spécifiques pour explorer ou traiter la lésion (palpeur, pinces, autosuture, ...) sont introduits par l'autre incision. Le travail réalisé à l'intérieur du genou est donc contrôlé en permanence à l'écran de télévision que vous pourrez éventuellement regarder, si vous le désirez.

Après une aseptie complémentaire à la préparation de la jambe que vous aurez effectuée (par un antiseptique comme la Bétadine), un garrot est mis en place sur la cuisse et gonflé au début de l'intervention pour éviter d'être gêné par le saignement dans l'articulation. Le genou est rempli par un liquide (sérum physiologique) qui circule en permanence permettant ainsi de dilater le genou et par son écoulement d'évacuer et de laver les débris produits lors de l'intervention. Celle-ci dure en général entre 20 à 30 mn mais cette durée dépend évidemment du geste opératoire à réaliser et de la plus ou moins grande facilité pour y parvenir.

A la fin de l'intervention, le garrot est levé, les incisions sont suturées et un pansement est mis en place.

Cette intervention est réalisée sous anesthésie locale du genou complétée par une neurolept-analgésie (décontraction musculaire et analgésie apportée par des médicaments) mais peut dans certains cas, nécessiter une anesthésie générale ou loco-régionale (rachi-anesthésie).

IV - QUELLES SONT LES SUITES HABITUELLES D'UNE ARTHROSCOPIE DU GENOU ?

Cette intervention peut être réalisée en hospitalisation de jour ou être l'objet d'un séjour à la Clinique de 24 H, en fonction de votre état médical ou de votre domiciliation. Le lever est autorisé le jour-même de l'intervention avec l'aide de cannes.

Un traitement médical complémentaire vous sera prescrit à la sortie de la Clinique du Parc de Lyon, car comme toute intervention, des douleurs post-opératoires surviennent surtout lors des deux ou trois premiers jours. Il est conseillé de se reposer à son domicile, en plaçant le plus souvent possible, les jambes allongées ou surélevées avec de la glace sur le genou opéré. Les déplacements dans la maison sont évidemment autorisés. En règle générale après une quinzaine de jours de repos, l'état du genou s'améliore et permet de retrouver progressivement une autonomie plus importante.

La conduite automobile est possible dès que les douleurs ou l'enraidissement articulaire ont diminué.

Une rééducation est prescrite, afin de favoriser le drainage lymphatique, la récupération des mobilités et la force musculaire. Celle-ci est à débuter environ une semaine après l'intervention afin de laisser passer la période la plus inflammatoire.

Au bout de deux semaines, l'ablation des fils de suture est réalisée et une vie quotidienne normale est possible.

En règle générale, la reprise des activités professionnelles est également possible, sauf si celles-ci sont particulièrement difficiles physiquement. La reprise d'une activité sportive se fait un mois 1/2 après l'intervention. Nous validerons cette reprise sportive au cours de la consultation de contrôle.

Cependant, des signes inflammatoires occasionnels (gonflements, douleurs) peuvent survenir jusqu'à deux mois après l'arthroscopie du genou. Il faut le plus souvent 3 mois pour que tous les signes post-opératoires aient disparu.

Parfois, les suites opératoires sont plus longues soit parce qu'une complication est survenue, soit parce que les phénomènes inflammatoires ont été difficiles à maîtriser. Il ne faut pas hésiter à revenir en consultation si cela est le cas.

V - QUELS SONT LES RISQUES ?

- RISQUES ANESTHESIQUES

Comme précédemment expliqué, l'arthroscopie du genou est habituellement réalisée sous anesthésie locale, complétée par une neurolept-analgésie mais peut également être l'objet d'une anesthésie générale. Les problèmes relatifs à l'anesthésie vous sont expliqués lors de la consultation pré-opératoire. Un médecin anesthésiste sera toujours présent à vos cotés pendant l'intervention.

- RISQUES LIES A L'UTILISATION DU GARROT

Le garrot est protégé de la peau et sa pression de gonflage est contrôlée. Son application peut parfois être responsable de troubles locaux de la sensibilité cutanée, habituellement rapidement régressifs. Des problèmes veineux peuvent se rencontrer s'il est laissé en place trop longtemps et seront prévenus par un traitement spécifique.

- RISQUES LIES AUX MANIPULATIONS

L'exploration de certaines régions peu accessibles de l'articulation, en particulier lorsque celle-ci est déjà l'objet d'usure débutante, nécessite de forcer sur les structures ligamentaires pour pouvoir passer l'arthroscope et les instruments. Ceci explique que parfois, le ligament latéral interne du genou présente quelques douleurs dans les suites de l'arthroscopie.

- RISQUES POST-OPERATOIRES

L'infection est la plus redoutable. Elle est très rare : moins de 1% pour l'association américaine des arthroscopistes. Elle se manifeste par un écoulement purulent au niveau des incisions ou une arthrite très douloureuse dans les jours suivant l'arthroscopie du genou. Elle nécessite le plus souvent une nouvelle arthroscopie pour lavage de l'articulation, une immobilisation de celle-ci et un traitement antibiotique adapté et prolongé. Ces complications septiques font l'objet d'une surveillance rigoureuse par le comité de lutte contre les infections nosocomiales (CLIN) de la Clinique.

L'hémarthrose (collection sanguine intra-articulaire), se traduit par l'apparition brutale, rapide d'un épanchement sous tension, très douloureux, lié soit à une hémorragie sur le trajet de l'incision, soit au saignement d'une structure intra-articulaire, soit à une lésion d'un vaisseau sanguin du genou (après biopsie de synoviale ; section de l'aileron rotulien externe...). Elle pourra être rapidement soulagée par une ponction évacuatrice, éventuellement renouvelée et justifie en tous cas, une consultation de contrôle.

La thrombose veineuse (phlébite) est exceptionnelle mais peut se rencontrer, et est en général favorisée par un terrain particulier (insuffisance veineuse, varices...). Elle relève d'un diagnostic par écho-doppler et d'un traitement par anti-coagulants. Selon le consensus national des anesthésistes, l'arthroscopie simple habituelle ne nécessite pas de prévention systématique par anticoagulants.

L'algodystrophie est une réaction hyperalgique de nature réflexe qui peut être rencontrée au décours de l'arthroscopie du genou. Elle nécessite un traitement spécifique médicamenteux et kinésithérapique.

Les cicatrices peuvent être le siège de petits problèmes locaux : rougeur, retard de cicatrisation, désunion avec issue de liquide synovial nécessitant une nouvelle suture. Il n'est pas rare de noter la présence d'un discret hématome sous cutané entourant le siège des incisions. Il est fréquent de ressentir sous les incisions, une induration traduisant un processus de cicatrisation exubérant propre à quelques individus. Enfin, il n'est pas rare de ressentir des sensations désagréables de dysesthésie (trouble de la sensibilité), paresthésie (fourmillements) ou anesthésie cutanée à proximité des incisions : elles sont liées à la blessure ou l'irritation des petits filets nerveux sensitifs sous cutanés, en général régressives, mais parfois il peut persister une anesthésie durable, sans conséquence clinique ni fonctionnelle.

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contenu modifié le 31/03/2017